Image
Bhavna

Pourriez-vous, s’il vous plait, vous présenter ?
Je m’appelle Bhavna Choudhury et je viens d’Assam, en Inde. C’est la petite bande de terre qui est entourée par cinq pays : la Chine, la Birmanie, le Bangladesh, le Népal et le Bhoutan.
Un fait amusant : c’est une région qui compte l’une des plus grandes concentrations de populations autochtones au monde.
A l’X, j’ai étudié l’économie, l’analyse de données, la finance d’entreprise et la France est le quatrième pays dans lequel je vis, en plus de huit ans. Actuellement, je travaille comme International Marketing Manager chez Sereema à Montpellier, en France.

Pourriez-vous nous en dire plus concernant votre emploi actuel ?
Sereema est un leader de l’industrie éolienne pour l’optimisation des opérations (optimisation numérique automatisée des éoliennes). L’entreprise est une startup qui a créé un IoT industriel pour détecter et corriger les problèmes des éoliennes. A l’heure où la transition énergétique est au cœur de l’ambition internationale, la perspective de prendre part à l’industrie des énergies renouvelables, une fois diplômée, m’a beaucoup motivé.

Mes principales missions concernent le marketing produit, à travers notamment, la création de documents techniques d’utilisation et de livres blancs sur la technologie que nous commercialisons, le marketing digital, les campagnes publicitaires, l’optimisation pour les moteurs de recherche (SEO) et la conception du site internet.

Evoluer au sein d’une petite entreprise me permet de travailler sur des missions transverses, en collaboration avec différents types d’interlocuteurs et de gérer plusieurs équipes. Même si j’ai étudié l’économie et la finance à l’Ecole polytechnique, de façon plus personnelle j’ai toujours apprécié mettre en relation la technologie et les êtres humains, et c’est ce que je fais principalement, chez Sereema.

A-t-il été facile pour vous de trouver un emploi, une fois diplômée ?
L’Ecole polytechnique est une institution reconnue en France et à l’international comme une école d’élite qui forme la « crème de la crème » européenne. Selon moi, être diplômée d’un master de cette école revenait à obtenir une invitation pour le Gala du Met du monde du travail. J’ai eu accès à une base de données d’anciens élèves présents dans presque tous les secteurs d’activité. Que ce soit à travers des interactions en classe avec des professionnels de l’industrie ou des contacts avec la communauté de l’X, appartenir à cette école m’a certainement beaucoup aidé pour trouver un emploi.

Bien que ne pas parler couramment français alors que je cherchais un emploi en France m’a semblé être un désavantage majeur, j’ai constaté que le marché du travail français est beaucoup plus ouvert que ceux d’autres pays. J’ai obtenu mon diplôme de premier cycle aux Etats-Unis et, en comparaison, trouver un job en France a été une expérience beaucoup plus sympathique, parce qu’on n’y est pas limité à notre domaine d’études ou lié à un employeur. J’aurais un conseil pour les étudiants qui envisagent de venir en France pour un master : apprenez le français ! Vous en aurez besoin !

Quelles compétences acquises pendant votre cursus MSc&T utilisez-vous dans votre emploi actuel ?
Le programme MSc&T EDACF est une combinaison de trois différents domaines : l’économie, les analyses de données et la finance d’entreprise. J’ai pu appliquer l’état d’esprit consistant à penser que l’on peut tout apprendre dans son travail : que ce soit pour construire des sites internet, ou analyser des méga bases de données, ou faire des prévisions financières. Le programme nous a fait découvrir différents sujets : nous avons dû créer une startup imaginaire et pitcher devant de vrais investisseurs. J’ai également eu un cours sur l’évaluation financières de startups, avec le fondateur d’Elaia. Aujourd’hui je travaille dans une entreprise dont Elaia est l’un des principaux actionnaires.
Analyser des données et des tendances est ce que je fais régulièrement aujourd’hui, et travailler dans une startup au rythme effréné a quelque chose de similaire avec la culture de l’Ecole polytechnique : créativité, innovation et collaboration intersectorielle.

Qu’appréciez-vous dans votre travail ?
J’ai trouvé un emploi dans une startup internationale dont les membres représentent 7 nationalités et 6 langues. J’ai réalisé ma précédente expérience professionnelle auprès des Nations Unies, qui représente plus de 180 pays ; faire partie d’un environnement multiculturel est comme une seconde nature pour moi. J’étais donc très contente de retrouver cela dans le secteur privé en France.
Mon travail lui-même me pousse constamment à apprendre de nouvelles choses ; tout particulièrement si l’on considère que faire du marketing au 21è siècle revient à essayer de suivre un cheval pur-sang lancé à vive allure. Récemment, j’ai également été chargée de réaliser une étude de l’empreinte carbone de l’entreprise et c’est ce genre d’opportunité que l’on ne peut avoir lorsque l’on travaille au sein d’une grande entreprise… la possibilité de faire des choses qui ne figurent pas forcément sur votre fiche de poste.

Quels souvenirs conservez-vous de votre temps passé à l’X et de votre formation MSc&T ?
Plusieurs souvenirs me viennent à l’esprit :
-    La première semaine à l’X, lorsque nous avons eu une longue journée de jeu de simulation d’entreprise : nous collaborions et nous nous challengions, entre équipe, pour gérer les performances financières d’une entreprise. C’était très sympa, surtout que mon équipe a gagné.
-    Déjeuner à la table voisine de celle d’un lauréat du Prix Nobel, Gérard Mourou, au Restaurant Magnan ; entourée de façon tout à fait normale, de certaines des personnalités les plus brillantes du monde.
-    Le Bal de l’X au Château de Versailles était extraordinaire ; je me suis vraiment sentie transportée à une autre époque.

Quelles sont vos ambitions pour le futur ?
Jusqu’à présent, j’ai vécu ma vie comme une personne curieuse dotée de nombreux centres d’intérêts, mais surtout avec comme objectif premier d’avoir un impact positif sur le monde, à travers mon travail. Dans l’immédiat, mon ambition est de continuer à apprendre et éventuellement de devenir entrepreneur.
Sur mon temps libre, je dirige également une ONG qui crée un espace sur internet pour les peuples autochtones afin que nous puissions exprimer notre culture, notre art et notre littérature. Ce projet de partage de connaissances s’appelle « The Indegenous » et jusqu’à présent nous avons créé une base de données sur plus de 150 groupes tribaux de la région dans laquelle j’ai grandi : nord-est de l’Inde. La base de données est compilée par des chercheurs autochtones.
A plus long terme, j’espère que « The Indegenous » se développera et deviendra une organisation internationale qui mettra en lumière les peuples autochtones. L’objectif est de récupérer et traduire le savoir qui a été perdu à cause de l’homogénéisation des cultures à travers une hégémonie mondialisée. Par exemple, il existe plus de 5000 langues parlées par des peuples autochtones et si nous ne les documentons pas ou ne les traduisons pas, elles disparaitront, à mesure que les enfants vont à l’université et parlent l’anglais comme langue principale.