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respirator

Pourriez-vous vous présenter ?

Nous sommes trois élèves du programme Bachelor de l’École polytechnique : Paloma, Ambroise et Eliott. Nous avons tous des parcours très différents :

  • Paloma vient de Florence et est passionnée de sciences théoriques. Elle rejoint le projet Resp.Pi afin de se rendre utile pendant cette période de crise en travaillant d’abord entre les lignes de code. Elle découvre alors le monde des “makers” et des Fablabs. 

  • Ambroise a suivi un parcours scientifique anglophone en Afrique du Sud avant de rejoindre le programme Bachelor. Il décide de s’impliquer dans l’initiative Resp.Pi, notamment au niveau du développement de l’interface ainsi que de l’aspect théorique du projet.

  • Eliott est un maker dans l'âme. C’est avec son père et des amis Nancéens qu’il a initié le projet Resp.PI. Habitué des Fablabs et de la robotique, il savait déjà utiliser machines de prototypage et logiciels de CAO.

Parlez-nous de votre projet.

Resp.PI est un respirateur "low-cost" qui a pour principe d'être réalisable le plus facilement possible mais aussi d'être compréhensible par tout le monde. Ainsi, pas de turbines ou autres mais simplement un soufflet réalisé à la main et une mécanique et électronique d'imprimante 3D. Tous les composants sont courants sur le marché et connus des “makers”. De plus, son fonctionnement est simpliste et les quantités physiques comme la pression peuvent être visualisées et comprises par son l’interface numérique.

Ce projet ne vise pas à remplacer des respirateurs professionnels mais plutôt proposer une alternative pouvant être réalisée en dehors des usines. Simple, une longue formation n'étant pas nécessaire, le produit se destine donc aux pays manquant spontanément de matériel et de personnel.

Avec qui avez-vous travaillé/collaboré ?

Ce projet est né du besoin dans la famille Sarrey de s’occuper pendant le confinement et de ne pas rester passifs. Ainsi, père et fils commencèrent à réfléchir sur ce projet. L’Ecole de chirurgie de Nancy a ensuite permis un test en milieu médical et Louis Blot, un ami, nous a soutenus pour la conception. Le premier prototype arrivé à l’X a profité de la solidarité des étudiants. Ainsi, Clémence de Rolland nous a laissé jouer des dés, aiguilles et machines à coudre et Urban Vernik a fait profiter notre prototype d’un shooting photo semi-professionnel !

A la fin du confinement, Serge Chanchole nous a permis d'accéder au FabLab de l’X et de réaliser les pièces de la V2.

Le fait de faire partie du Programme Bachelor a-t-il un lien avec ce projet ? Avez-vous pu mettre à profit des compétences que vous avez acquises durant le programme ?

Le programme Bachelor est dense et par conséquent nous devons appréhender et comprendre des notions très rapidement. C’est en ce sens qu’il nous a servi car nous avons dû apprendre en quelques jours comment monter server, interface web… Cependant, nous avons aussi beaucoup profité d'expériences et de savoir acquis avec des projets extra-scolaires.

Nous pensons avoir beaucoup appris avec ce projet et notamment la gestion du travail en équipe, la gestion des contacts, des connaissances plus pratiques mais aussi sur le travail dans des temps records.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Un premier modèle a été positivement testé dans l'Hôpital de chirurgie de Nancy sur un cochon. Les plans d’un deuxième prototype, fonctionnel et étanche, sont publiques sur Instructables depuis le 22 juin, ainsi que les codes de son interface. 

Des modifications supplémentaires doivent encore être terminées, permettant notamment d’avoir un retour de pression. Notre but est désormais de rendre le projet connu afin de recevoir l’aide et le soutien de professionnels dans les domaines de la robotique et la santé pour adapter leurs exigences au modèle de Resp.pi. L’idée serait alors de permettre aux pays qui le nécessitent de produire ce respirateur à un coût minime en attendant l’arrivée de respirateurs industriels. 

Les prochaines étapes sont donc pour nous de trouver aide et soutien pour le développement et la mise en place de ce projet. En effet, certains éléments restent perfectibles et l'idée n’est pas de produire nous-même les respirateurs mais de les faire produire dans les Fablabs au plus près du besoin.